Un tiers lieu c’est quoi ?

Le nom est très récent : il date a priori de 1989, et a été inventé par Ray Oldenburg, professeur américain reconnu de sociologie urbaine. Et même si l’idée peut paraître plus ancienne, les tiers lieu (ou tiers-lieux) voient leur image se préciser depuis à peine quelques années.

C’est qu’il en a fallu du temps pour que ces espaces émergent au grand jour… Et se fassent connaître autrement que par une simple curiosité de voisinage ! Ni lieu de travail, ni lieu d’habitation, ils sont en fait des endroits où l’on se rencontre, où l’on échange. Mais où l’on va plus loin que dans un simple café (qui pourrait par ailleurs s’apparenter à l’ancêtre du tiers lieu !).

 

La définition qu’en donne Oldenburg

D’après le théoricien des tiers lieux, 8 conditions – sinon obligatoires, du moins importantes – existent pour caractériser un tiers lieu :

  • être implanté sur un terrain neutre
  • niveler les différences sociales des utilisateurs
  • permettre à tous de discuter, d’échanger
  • être accessible et accommodant
  • avoir des visiteurs réguliers
  • ne pas être pas tape-à-l’œil
  • proposer une atmosphère
  • on doit s’y sentir aussi bien que si l’on était chez soi…

 

Du tiers lieu généraliste au tiers lieu spécialisé

La Ruche Qui Dit Oui, dont vous avez pu lire un article ici même, s ‘appuie sur ce type d’endroit. Elle y distribue des produits à ceux qui ont choisi cette plateforme dédiée au locavorisme pour les commander. Celle du Xème arrondissement de Paris s’installe une fois par semaine durant quelques heures au Comptoir Général.

Le reste du temps, le Comptoir Général compte d’autres activités : restaurant, bar, bibliothèque, lieu de vente et même salon de réception de mariage ! Il fait donc partie des tiers lieux pensés comme « espaces hybrides ». Il loue sa surface au gré des demandes. Quitte aux « clients » de réaménager l’espace utilisé et le personnaliser quelques heures.

Mais d’autres endroits sont tout de même un peu plus spécialisés. Par exemple dans le travail coopératif orienté « geek », comme l’espace coopératif Numa (ex La Cantine). Ou dans les lieux de réparation d’objets en DIY (Do It Yourself), comme les Repair Cafés (celui de Paris ici). Ou encore de simples lieux utilisés par les indépendants « classiques » ou les auto-entrepreneurs.

Pour un prix horaire modique (environ 5 €/heure, boissons chaudes comprises) ils bénéficient d’une ambiance conviviale pour ne pas être seuls lorsqu’ils travaillent. Par exemple, plusieurs Anti-Café se sont installés à Paris sur ce principe. Et les bistrots classiques accueillent de plus en plus des vendeurs de bijoux, d’estampes ou d’objets divers et variés lors d’événements annoncés sur les réseaux sociaux. Devenant à leur tour tiers-lieux.

 

Quel avenir pour les tiers lieux ?

Il semble bien qu’il s’agisse d’une tendance lourde, et que nous n’en soyons en fait qu’aux tous débuts de la vague. Déjà, de nouveaux « concepts » voient le jour, comme celui de TCRM-Blida, à Metz. Sa particularité ? C’est un tiers lieu qui regroupe… des tiers lieux ! La boucle est bouclée…

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