L’économie collaborative c’est quoi ?

On en parle beaucoup, et de plus en plus… Mais l’économie collaborative (ou sharing economy) au final c’est quoi ?

Tout d’abord il faut savoir que la dénomination est assez récente : elle est née aux États-Unis dans les années 80. Ensuite nous avons justement pour objectif d’en savoir plus et d’en débattre largement lors de notre salon Share Paris 2017, du 22 au 24 septembre 2017 à l’Espace Champerret. Et ce sera une première en France !

Mais essayons déjà de jeter quelques bases sur le sujet… sans prétendre en faire le tour en un seul billet évidemment. Ce blog est aussi là pour ça : en parler longuement avec vous, au fil des mois. Et recueillir aussi vos idées et vos témoignages, soit ici soit via nos réseaux sociaux.

 

Définition de l’économie collaborative

Commençons par regarder la définition qu’en donne l’encyclopédie en ligne Wikipédia (une encyclopédie… collaborative, et dans le Top 40 des sites les plus visités au monde – lire l’article que nous avons consacré à l’histoire de Wikipédia) :

L’économie collaborative est une activité humaine qui vise à produire de la valeur en commun et qui repose sur de nouvelles formes d’organisation du travail. Elle s’appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des biens, des espaces et des outils (l’usage plutôt que la possession), l’organisation des citoyens en « réseau » ou en communautés et généralement l’intermédiation par des plateformes internes (à l’exception de modèles comme les réseaux d’échanges réciproques de savoirs).

Autant dire que la définition est extrêmement large ! Mais elle a le mérite de réunir plusieurs secteurs : automobile, immobilier, technologie, recherche, agriculture, services, alimentaire, savoirs… Ceux-là et bien d’autres encore, existants ou à venir, peuvent entrer dans le champ de l’économie collaborative.

Car le mot à retenir est bien entendu collaborative. Il est celui qui change tout, celui qui est en train de révolutionner la vision que nous avons du commerce et de nos relations avec nos amis, nos voisins, nos contemporains. Celui aussi qui donne un sens nouveau au mot partage, cher aux tenants de cette économie à la fois nouvelle et millénaire.

 

L’économie collaborative ? Que des avantages !

Comme tout concept économique cependant, l’important est finalement moins la définition qu’on en donne, que les usages qu’on en fait. Et plus encore que les usages, ce sont les avantages que l’on retient. Quels sont ces avantages ?

En premier, il y a moins d’intermédiaires. On peut donc penser – à juste titre – que les produits sont moins chers que s’ils supportaient tous les frais dûs aux différents traitements subis (entreposage, transport, etc.). Saviez-vous que l’on dénombre parfois plus de 5 ou 6 intermédiaires entre l’agriculteur qui cultive ses tomates et le point de vente où elles sont vendues… quand un ou deux suffiraient ?

Le deuxième est la conséquence du premier : si moins d’argent est pris par des intermédiaires rendus inutiles, ceux qui inventent ou produisent les biens commercialisés peuvent mieux gagner leur vie sans pour autant que le consommateur final soit pénalisé.

Le troisième, enfin, concerne l’utilisateur final : le produit qu’il achète est plus authentique, plus frais, ou plus novateur. Et en règle générale, pas vraiment plus cher, voire carrément meilleur marché. Tout le monde y gagne, non ?

 

Quelques chiffres sur l’économie collaborative

C’est en regardant les chiffres de plus près que l’on mesure le poids qu’a déjà pris cet univers. Voici une infographie récente (août 2016) qui résume bien les choses. Merci à Studiio, organisme de formation, pour cette réalisation très complète, que nous leur avons empruntée.

 

économie collaborative infographie

 

Comme on le voit ci-dessus, le marché de l’économie collaborative dans le monde est aujourd’hui estimé à 15 milliards de dollars. Ce marché devrait atteindre 335 milliards de dollars en 2025, soit un taux de croissance annuel de 36,4%.

 

Les raisons d’une telle progression

Elles sont multiples évidemment, à commencer par ce contexte de crise économique plus ou moins larvée dans lequel évoluent nos sociétés depuis (bien trop) longtemps. Beaucoup la ressentent durement, en se retrouvant marginalisés d’une manière ou d’une autre, tant dans leur vie professionnelle que personnelle. Et une vraie défiance à l’égard du capitalisme institutionnel s’instaure au fil du temps, dans tous les pays.

L’accélération des technologies, la mondialisation parfois à outrance, la perte de valeurs fondamentales, les menaces planétaires (qu’elles soient d’ordre terroriste, écologique, ou autres)… Tout cela concourt à la constitution de communautés mettant en avant les relations sociales et les échanges entre leurs membres, qui vont s’entraider naturellement, tout comme aux premières heures de l’humanité.

Mais tout cela n’aurait probablement pas suffi…, sans justement cette formidable évolution technologique que nous vivons. Ce qui a vraiment fait exploser l’économie collaborative, c’est tout simplement Internet. En décuplant la possibilité d’intermédiation par le biais de plateformes ou d’applications mobiles, en donnant à chacun accès aux mêmes outils et savoirs, le web constitue la brique essentielle de cette économie.

 

Vers de nouveaux comportements…

L’économie collaborative a donc tous les atouts pour séduire, sur le plan consumériste déjà. Et les chiffres ci-dessus le montrent bien. Un nombre toujours plus élevé d’acteurs et de consommateurs y a recours, certes souvent par nécessité. Mais aussi, et c’est bien la preuve d’une véritable évolution sociétale, par choix.

Car avec cette manière nouvelle de consommer produits et services, nos comportements changent… Nous voilà plus solidaires, plus compréhensifs et plus proches des autres. La notion de propriété à tout prix – issue après tout d’une guerre datant du siècle dernier – s’efface peu à peu, au profit du bien commun, ou plutôt du bien mis en commun.

Interrogez donc un millenial (une personne née aux alentours de l’an 2000) sur ses intentions d’achat d’une voiture. Hors cas particulier, votre question va tout simplement le faire rire :

Acheter une voiture… ? Mais quelle drôle d’idée !! Payer un crédit, payer pour l’entretenir, pour la faire rouler, pour la garer ? Alors que je n’en ai besoin que de temps en temps, le week-end ou pendant les vacances ? Vive les transports en commun et BlaBlaCar ! (ou tout autre plateforme proposant du partage de véhicule…)

L’échange devient plus important que l’achat. Les compétences se partagent à l’horizontal, la productivité ne se conçoit plus de la même manière, la motivation au travail non plus. Les préoccupations écologiques et environnementales sont désormais au cœur de nos sociétés, tout comme de nouvelles formes de réflexion sur nos principes de gouvernance politique.

Et ce sont bien tous ces sujets qui seront passionnants à étudier… Rendez-vous donc à Share Paris, dans neuf mois. Le temps pour nous d’accoucher de ce beau bébé.

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