La Ruche qui dit oui… fait son miel

C’est une belle idée : raccourcir les étapes entre le producteur et le consommateur. Et ce qui était un fantasme dans les années 70 – période à partir de laquelle les intermédiaires ont commencé à se multiplier, effrayant quelques visionnaires – devient enfin la réalité. Des organismes comme les Amap (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) ou La Ruche qui dit oui en sont les meilleurs exemples. Et c’est précisément de cette dernière dont je vais vous parler aujourd’hui.

Je dois avant tout préciser que je connais bien le sujet : je travaille depuis un peu plus de quatre ans en tant que bénévole pour une Ruche à Paris. Un ou deux samedis par mois, j’arrive une heure avant son ouverture pour décharger les produits, les installer… Et je reste ensuite pour les distribuer aux « abeilles » (les clients) qui les ont commandés quelques jours auparavant.

 

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Mais revenons au fonctionnement de cet organisme un peu particulier.

Le principe est simple : chaque Ruche sélectionne des producteurs (agriculteurs, éleveurs…). Et cela, suivant le principe du locavorisme, c’est à dire à moins de 250 km du lieu de vente. Elle les met ensuite en relation avec des consommateurs. C’est tout ! Nombre d’intermédiaires : un seul, la Ruche. Difficile de faire moins !

Mais comment est née l’idée de La Ruche qui dit oui ? Leur co-fondateur Guilhem Cheron est un entrepreneur très axé sur la nourriture : il a ouvert un restaurant bio à Cuba, a mis au point une cuiller sensorielle pour les personnes édentées, a imaginé des ateliers pour les autistes autour de la nourriture… Bref, il a des idées, et généralement elles fonctionnent !

 

Simplicité, rapidité, générosité

Le principe de La Ruche qui dit oui peut se résumer à cette question simple : que peut-on créer comme outil pour que les gens reprennent leur alimentation en main et mangent mieux ? Réponse : un site de mise en relation clients-producteurs, bien sûr ! Et pour aider les personnes intéressées à se prendre en main, un blog et un magazine ont été créés dans la foulée.

Seuls impératifs : ne pas imposer les producteurs, les lieux, les dates de distribution. Chaque responsable choisit ses producteurs dans le respect du cahier des charges, qui met l’accent sur la qualité et la proximité. Toute la difficulté est d’ailleurs là : créer quelque chose qui soit à la fois homogène en termes de qualité et diversifié en termes d’aliments… Pour offrir un grand nombre de produits. Et bien sûr, les différentes Ruches d’un même lieu communiquent entre elles et échangent leurs points de vue sur tel ou tel producteur. Si la qualité d’un producteur est insuffisante, ça se sait donc très vite !

Quant aux clients (les « abeilles »), ils sont libres de commander le nombre de produits qu’ils veulent, sans minimum ! Parfois, certains commandent simplement une salade pour commander la fois suivante 15 ou 20 produits… Tout est proposé, rien n’est obligatoire.

 

Deux publics d’égale importance : les clients et les producteurs

Si les clients sont bien entendu la cible finale, avec une offre de qualité au meilleur prix, les producteurs sont également un partenaire important. La Ruche qui dit oui les fait sortir de leur isolement, leur donne un avenir plus optimiste. Généralement, pour éviter cette honte de ne pas s’en sortir, ils ne parlent pas, gardent tout pour eux. Grâce à La Ruche, ils se rencontrent, discutent, s’entraident, boivent des coups… Entre eux, ils ont créé une vraie communauté.

Et La Ruche les soigne : ils reçoivent 84 % du prix vendu, soit le double par rapport à un supermarché de type Biocoop !

C’est super d’accompagner un producteur qui veut progresser, qui veut produire du bio, par exemple ! (Hélène Binet, responsable éditoriale de la Ruche qui dit Oui, et responsable de la Ruche du Comptoir général)

À ce propos, les anecdotes fourmillent. En voici une qui vous donne à voir un avantage qu’il y a à s’occuper d’une Ruche.

Florence a longtemps été bénévole dans une Ruche parisienne. Et lorsqu’elle a senti qu’elle pouvait s’occuper toute seule de la sienne, elle l’a créée en proche banlieue. Désormais, cette Ruche permet la distribution chaque semaine de centaines de produits de bonne qualité à des dizaines de personnes. Grâce à cela, Florence est sortie d’une situation personnelle difficile ! Car ce qui est particulièrement recherché, aussi bien par les clients que les responsables, ce sont les « liens humains » permis par ces échanges.

 

Cette success story s’exporte partout

Espagne, Italie, Allemagne, Suisse, Belgique, Danemark, Angleterre, Écosse… La Ruche qui dit oui est de plus en plus présente en Europe. Tous les pays ne décollent évidemment pas de la même manière. L’Italie est incroyablement efficace, l’Allemagne est plus attachée à trouver un système parfait avant de commencer et passe beaucoup de temps à définir les bons critères. Tout dépend bien sûr de l’entrepreneur et des législations locales.

Mais s’il y avait UN secret à révéler, c’est que chaque succès dépend des… gens ! Il faut qu’il y ait une ambiance qui donne envie à chacun d’entreprendre et de faire profiter les autres de bons produits. Visitez leur site, assistez à une vente dans une Ruche proche de chez vous : bonne ambiance garantie !

Rappelons-le : le miel est avant tout une affaire travail collectif, et de partage. Alors, pourquoi ne pas vous investir vous aussi dans une Ruche ? Il y en a sûrement une pas trop loin de chez vous…

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