La Food Tech c’est quoi ?

Food Tech, non mais quel curieux assemblage de mots ! D’un côté, la nourriture, le naturel, les odeurs de cuisine de grand-mère, les viandes, les goûts plus ou moins forts des légumes, les senteurs des fruits qui nous reviennent… Et de l’autre, le modernisme de la technologie, la froideur des mesures, l’inhumanité des ordinateurs et des machines… Plutôt antinomique non ? Alors finalement, la Food Tech c’est quoi ? Essayons de comprendre cela ensemble.

Le journal Challenges écrivait récemment dans cet excellent article qu’il s’agit d’une « révolution sans équivalent depuis les 100 dernières années ». Les modèles traditionnels sont réinventés par l’industrie agro-alimentaire, aidés en cela par les consommateurs. Et la technologie se met au service des traditions culinaires pour les améliorer ou les remettre au goût du jour.

Selon les auteurs de cet article, la Food Tech se décrypte en 7 grandes tendances :

  • une consommation ultra-personnalisée – grâce à la data et à des outils toujours plus connectés
  • la proximité croissante entre le producteur et le consommateur – grâce au digital
  • une exigence de transparence accrue quant aux produits consommés – rendue possible là encore via le digital et la traçabilité des aliments
  • une demande grandissante de produits bio ou naturels – exempts de tous ces additifs que les industriels de l’alimentaire ont pris l’habitude d’ajouter systématiquement
  • le besoin accru de nourriture lié à la progression exponentielle de la population mondiale – poussant à rechercher des solutions alimentaires alternatives (protéines végétales, insectes…)
  • une envie de renouveler le contenu de nos assiettes – nouvelles saveurs, nouveaux mélanges…
  • et enfin, pour beaucoup, une vraie démarche militante, consistant à s’élever contre le gaspillage alimentaire en consommant mieux et autrement

 

Une multitude d’acteurs dans un secteur en croissance rapide !

C’est simple : avant 2012, la Food Tech n’existait pratiquement pas. Mais les spécialistes s’accordent à dire qu’en 2022, les investissements dans ce secteur atteindront plus de 5,5 milliards de dollars ! Et les acteurs dans cet univers sont légion.

Le tableau ci-dessous, à la façon d’un tableau périodique des éléments, nous montre l’extrême diversité des types d’entreprises, regroupées ici dans 11 secteurs : boissons de nouvelle génération, livraison des plats, plats spécialisés, etc. Source d’origine (étude de juin 2016) : The Periodic Table of Food Tech

 

 

Food Tech - tableau

Cocorico ! On y trouve le site parisien Frichti, de facto sacré plus gros du secteur en France : appli et site web permettant de se faire livrer 7/7 sur 2 créneaux horaires une variété de plats préparés par leurs propres chefs cuisiniers. Ils mettent un point d’honneur à n’utiliser que des produits frais de qualité.

Niveau français, il y (beaucoup) d’autres poids lourds dans le secteur. Citons par exemple Just Eat – qui a racheté et opère en pratique AlloResto, Popchef qui propose également des plats faits maison, prêts à être mangés. Ou encore FoodCheri qui s’engage pour un « manger mieux » et qui ne travaille qu’avec des produits de saison issus d’un circuit court…

A découvrir : le Guide L’Express des sites de livraison de repas

 

Mais que permet réellement la Food Tech ?

En fait, tous les secteurs autour de la nourriture sont touchés. Notamment et – on le voit bien d’ailleurs dans le « tableau périodique » ci-dessus (zones gris foncé) – surtout la restauration à domicile via la livraison de plats. C’est le secteur qui pèse le plus lourd actuellement : 1 milliard d’euros en 2015 en France, 20 milliards en Europe. C’est également celui qui pour l’instant est le plus visible du grand public.

On peut en gros y distinguer 3 types d’offres :

  • les plats commandés en ligne, livrés depuis un restaurant
  • l’offre de plats et/ou de produits cuisinés, commandés en ligne et livrés par le site
  • enfin, les boxes contenant des produits prêts à cuisiner, sur abonnement

A lire : La révolution des produits frais à cuisiner livrés à domicile

Petit bémol toutefois dans ce « nouveau monde merveilleux » de la Food Tech à domicile… Toutes ces offres sont basées sur un modèle de livraison opéré par des jeunes, à vélo ou à scooter, qui ne sont pas rémunérés en tant que salariés et doivent couvrir eux-mêmes leurs charges. Conditions de travail difficiles, absence de droits sociaux, et rémunérations au final bien souvent en-deçà des promesses des plateformes… Dites donc, ça ne vous rappelle rien ? Relisez notre article sur Über.

 

D’autres idées ?

Mais oui, et elles sont nombreuses, trop pour toutes les citer !

Par exemple, une appli ultra-simple d’utilisation – Eazeat – permet de commander et régler à l’avance depuis un smartphone son repas au restaurant. Avantages ? Côté clients : un raccourcissement sensible du temps d’attente puisque tout est commandé à l’avance. Vous n’avez plus qu’à mettre les pieds sous la table pour être immédiatement servi ! Côté restaurateurs : optimisation des commandes, gain de temps et satisfaction des clients servis rapidement.

Rapidle fonctionne un peu sur le même principe, mais dans le secteur de la restauration rapide. Le propos est malin : la startup s’adresse aux indépendants du secteur avant tout, en leur proposant son appli + un kit de commercialisation en boutique. Le service est basé sur le système du click and collect : les clients réservent leur commande via l’appli et vont ensuite la chercher en boutique. La promesse ? Ne plus faire la queue chez son boulanger pour finalement ne plus avoir son sandwich préféré une fois arrivé à la caisse…

Comme on le voit, toutes ces applications relèvent du « toujours plus proche, toujours plus vite » évoqué plus haut dans l’article de Challenge. Mais ce ne sont pas là les seules qualités de la Food Tech…

 

Mieux connaître ce que l’on mange en revenant au naturel

Bizarrement (ou pas), la Food Tech au nom si moderne permet aussi un retour aux racines. Car son avènement coïncide avec le retour « de la campagne » dans nos assiettes. Arômes et colorants naturels – c’est aussi cela, la Food Tech – reviennent en force sous la pression des consommateurs. Et permettent la création de nouveaux goûts ou bien la remise en selle de saveurs d’antan portant un label rassurant. On est bien loin de la cuisine moléculaire !

Qui sont les premières à avoir fait les frais de ce retour à la nature ? Ce sont les poules… de batterie ! Elles commencent actuellement une longue décrue de leur nombre. Les consommateurs ayant été alertés via de nombreuses vidéos accusatrices mises en ligne par les défenseurs du bien-être animal comme l’association L214. Des enseignes comme Carrefour, Monoprix, Système U ou Intermarché doivent investir lourdement dans ce sens.

 

 

 

« Bien qu’elles puissent paraître paradoxales à première vue, toutes ces révolutions en cours sont les prémices d’une alimentation toujours plus personnalisée, durable, facile, variée et accessible, poussée par des centaines de start-up qui challengent les acteurs en place. »

Pascale Azria – Kevin Camphuis

 

Alors, quel avenir pour la Food Tech ?

Tout est ici affaire de sentiment personnel puisqu’il s’agit de décrypter le futur. Et j’ai personnellement tendance à être un indécrottable optimiste. S’il est clair que les entreprises qui investissent – intellectuellement et financièrement – dans la Food Tech ne sont pas forcément toutes des philanthropes, je suis persuadé que l’idée forte de ce secteur étant de nourrir mieux et plus de gens dans le monde, c’est bien vers plus de qualité que nous allons. Et que nombre d’humains profiteront de cette idée tellement simple du « manger mieux ».

Une excellente nouvelle pour tous par les temps qui courent non ? Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à nous laisser vos commentaires ci-dessous… Alors pour vous finalement, la Food Tech c’est quoi ?

 

Et pour aller plus loin, rendez-vous sur :

La foodtech, un secteur éclaté qui rend gourmands les investisseurs (Le JDN – avril 2017)

Foodtech, les recettes du succès (L’Usine Digitale – décembre 2016)

Qui gagnera la bataille des Food Tech ? (La Tribune – février 2016)

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